Remise en état du chassis
NRI Stella Nova



Etude du schéma

Nous avons à faire à une détectrice à réaction composée de 3 lampes : détectrice, préamplificatrice BF et finale BF. Du classique donc...




Commencons par l'alimentation...

Le poste est un secteur 220V continus. Nous avons donc une self en entrée. Je n'ai pas pu mesurer sa valeur en Henrys car ses 2 bobinages sont coupés. La seule indication est 200. Je pense que chaque bobinage fait 200 ohms, donc 400 au total. Un premier filtrage est présent en sortie de self et permet d'obtenir une première tension +HT1 qui va alimenter la plaque de la préamplificatrice BF via le second transformateur de liaison et la plaque de la finale via le HP haute-impédance (ou le casque). Petite particularité, une résistance de 1.6K entre le HP et la plaque de la finale.

2 résistances de 500 et 400 ohms, permettent d'obtenir une tension +HT2 pour alimenter la plaque de la détectrice via le primaire du premier transformateur de liaison.

Le reste des résistances chutrices servent pour la partie filament. 450 ohms entre +HT2 et +F de la A415, ensuite un shunt (Information de Pierre, ce shunt pourrait servir à adapter le poste à différentes tensions secteurs, comme par exemple une alimentation en 230V ou 240V, on enlèverait le shunt dans ce cas), le -F de la A415 est relié au +F de la première B406. Une résistance de 130 ohms se trouve entre le -F de la préamp B406 et le +F de la B406 finale. Sur le +F de la B406 finale on récolte une tension de polarisation qui sera acheminée sur la grille de la préamplificatrice BF via le secondaire du premier transformateur de liaison. La grille de la finale est à la masse, mais la lampe est correctement polarisée compte tenu de la présence d'une dernière chutrice de 130 ohms dans le retour du -HT.

Afin d'équilibrer les intensités dans les filaments, on note la présence d'une résistance de 250 ohms en parallèle sur le filament de la A415 (80ma), cela permet d'équilibrer avec le reste des filaments qui sont en 100mA. La résistance sur la finale est coupée, je ne connais pas sa valeur. Cette résistance permet d'absorber l'intensité HT de la préamplificatrice BF.

Pour ce qui est de la réception, nous avons une détectrice à réaction. Ici le bobinage comporte 5 portions plus ou moins commutées à la masse afin de faire changer les gammes. Le Cv est en parallèle sur le tout, le pied du bobinage est relié au -F de la détectrice, le tout relié au négatif de l'alimentation via un condensateur de 0,25µF

La liaison avec les prises d'antenne se fait via les condensateurs d'entrée de 100 ou 300 pf qui sont en série avec 0.1 afin d'être connectés au circuit d'accord. Donc, pas de bobinage d'antenne ici, le strict minimum et sélectivité plutot moyenne certainement. Nous avons ensuite le couple habituel résistance/capacité pour la détection.(300pf entre accord et grille et résistance de 2 Mohms entre grille et +F de la détectrice)

La réaction comporte un bobinage fixe, collé au centre du bobinage d'accord. Le pied de ce bobinage est à la masse et la partie supérieur est reliée à la plaque de la détectrice via un condensateur variable.

Les liaisons BF se font via des transformateurs. Un premier de rapport 1:4 entre détectrice et préamplificatrice BF et un second de rapport 1:4 entre préamplificatrice BF et finale. Le récepteur ne comporte pas de transformateur de sortie, vous devrez donc l'équiper d'un casque ou d'un HP à haute-impédance.




Il est temps de s'occuper de la rémise en état de ce récepteur. Nous avons quelques menus travaux à effectuer :



Remise en état de la self à fer

La self est composée de 2 enroulements dont je ne peux mesurer la valeur car ils sont coupés tous les 2. Cependant, il existe une inscription sur chaque joue du bobinage : 200... Je suppose qu'il s'agit de 2 enroulements de 200 ohms donc, la résistance de cette self serait donc de 400 ohms au total. Comme nous utiliserons une alimentation de 220V filtrée et régulée, cette self sera surtout utilisée pour sa résistance. J'aurai donc pu la remplacer par une résistance de 400 ohms, mais je préfère la remettre en état, c'est aussi l'intérêt dans le cadre d'une restauration...

Donc, on va dessouder tous les fils relié sur cette self pour la démonter. Il y a 2 fils, un vers le secteur, l'autre qui part vers la résistance chutrice. Il y a aussi un strap entre les 2 enroulements.




Ensuite, on démonte les 4 boulons et on enlève les tôles. Les tôles ne sont pas croisées comme sur un transformateurs, cela facilite du coup leur démontage.




Je monte le bobinage sur ma machine à bobiner et nous allons compter les tours. Comme je disais plus haut, dans notre cas, ce qui compte c'est surtout la résistance globale de cette self, mais je compte les tours pour voir...

L'isolant entre les couches est constitué de fil de coton. Ca par contre, c'est compliqué à démonter parce qu'il faut enlever tout ce fil de coton et il y en a des km.... J'ai essayé avec un cutter mais on risque de couper le cuivre (je le dis parce que bien entendu c'est ce qui s'est passé...)

Une vue de près du fil de coton.




Pour débobiner la self, j'ai mis une autre bobineuse en face et j'ai enroulé le fil sur une bobine vide. Je pensais pouvoir récupèrer ce fil mais il n'est pas en très bon état.

J'ai ressoudé les bouts aux endroits des coupures et j'ai mesuré la résistance globale du premier enroulement.




207 ohms, donc l'inscription 200 correspond bien.




Comme la bobineuse tournait à l'envers, il faut enlever ce résultat de 100 000.

Ce qui donne en gros, 2657 tours, auquel on peut en rajouter quelques uns compte tenu des petites coupures au cutter, donc entre 2650 et 2700 on va dire... Je sais à quoi m'attendre.




Le fil émaillé utilisé à bien sur le même diamètre que celui d'origine, 2/10 en l'occurence. Le bobinage sera effectué en semi-vrac. En gros je vais répartir le fil régulièrement, mais sans trop faire attention. Le fil est neuf et compte tenu de la chute de tension dans chaque enroulement, l'isolation n'est pas nécessaire.







Arrivé vers 26700 je fais des mesures à l'ohmètre et j'affine le nombre de tours pour arriver à 200 ohms.




Ce qui nous donne ceci en nombre de tours.




Je soude l'extrémité libre du fil sur la cosse et je bloque le tout avec scotch d'électricien.




Même punition pour le second bobinage.




On remet les tôles.




Ne pas oublier les entrefers entre les 2 paquets de tôles en E.




Et voila.




Une vue de l'entrefer.







403 ohms, c'est bon.




Je peux mesurer l'inductance de cette self.




13,8 henrys, ca mégotait pas à l'époque. Y'a tout de même 5400 tours finalement...

Elle est prête pour le remontage. Cela dit, je la laisse de coté car j'ai plus de place pour démonter les condensateurs.




Résistance sur le filament de la finale

Un résistance se trouve en parallèle sur le filament de la lampe finale. Cette résistance permet d'aborber l'intensité HT de la préamplificatrice BF et permet de ne pas surcharger et user prématurément le filament de la finale puisqu'il se trouve en série avec le retour du -HT.

Je démonte donc cette résistance

on constate que le fil résistif est coupé sur un coté.(l'autre coté aussi d'ailleurs, mais on ne le voit pas...)




Je gratte un peu le fil aux extrémités et je le ressoude. Il va manquer quelques tours malheureusement.




Je fais une mesure après avoir ressoudé.







Donc, mettons dans les 410 ohms dans la réalité peut être, compte tenu des 2 ou 3 tours enlevés.




Résistance de détection

La résistance de détection fait 2 Mohms, c'est pas moi qui le dit, c'est marqué dessus.







Comment démonter cette résistance ??? Je l'ai déja fait, donc je vous donne le truc. Il faut chauffer les pièces en laiton assez fortement et on peut les désolidariser. En général, dans les résitances avec le corps en verre, les embouts sont soudés. Dans les résistances avec le corps en bakelite les embouts sont sertis. Dans les 2 cas, il faut chauffer avec la panne ou le corps du fer à souder et on peut retirer les 2 pièces.

Comme prévu, c'était serti.







Et dedans il y a quoi ? Un morceau de carbone.




On peut le mesurer.







Bon, dans les 3 Mohms ca a varié un peut. Bref. Compte tenu des mauvais contact, je vais mettre une résistance à la place et souder 2 fils fins vers les petites lamelles de cuivres.







Pour remettre les pièces en laiton, même chose que pour le démontage.

On chauffe fortement et le corps en bakelite rentre tout seul. En refroidissant, l'ensemble est serti.




2.2 Mohms, tout va bien...




Ce qui est bien, c'est qu'on ne voit rien, on ne sait pas qu'elle a été bricolée.







Condensateurs de filtrage

Les condensateurs de filtrage.... Comme d'habitude, fichus et boursouflés au point de faire éclater les boites en tôles. Un coté est tombé tout seul, je n'ai pas eu besoin de faire l'effort.




L'autre bloc n'est pas plus frais...




J'en avais pas eu encore un aussi gonflé !!!




Les 2 boites sont soudées ensemble.




Maintenant, je peux mettre à jour le schéma, je connais la valeur. Cela dit, je m'attendais à ca compte tenu de leur taille, ils sont vraiment très gros.




Je chauffe les boites au décapteur thermique afin de faire fondre les rédidus de brai que j'enlève au papier absorbant.




Je garde les lamelles de connexions.




Je ponce un peu le boitier coté intérieur et je soude les cotés qui sont tombés.




Il reste maintenant à regarnir l'intérieur de ces blocs avec des condensateurs neufs.

Je procède de la facon habituelle. Je commande par une isolation de l'intérieur du bloc avec du carton épais. L'intérêt surtout de ce carton, est de faire une petite boite intérieure sur laquelle va reposer le couvercle. Pour le fond, j'ai récupéré le carton bakélisé d'origine, il n'y a pas de petite économie.







Je soude les lamelles sur du veroboard coupé aux bonnes dimensions. Les condensateurs sont ensuite soudés sur les lamelles. Les 2 blocs font 4µF. J'installe donc 2 condensateurs de 2.2µF en parallèle pour chaque bloc.




Le veroboard est ensuite collé avec de la colle thermo sur une des parois intérieures.




Je mets ensuite un peu de colle thermo le long des tranches cartonnées et je fixe le couvercle.




Je mesure quand même avant de remettre les condensateurs dans le poste, on ne sait jamais.







Une photo du premier condensateur installé.




Le suivant vient par dessus et le tout tient avec une tole en U.




Les autres condensateurs

Pour les autres condensateurs, c'est la même punition. Ca va juste plus vite, ils sont faciles à démonter.







Pour les vider, on les chauffe légèrement au décapeur thermique,on coince une des lamelles dans un étau et on tire sur le corps quand il est bien chaud, ca vient tout seul.)




Je récupère aussi les cartons bakelisé.




On soude le nouveau condensateur sur les lamelles...




Ensuite on remet le tout dans la boite métallique du condensateur et on colle le couvercle...






Condensateurs de liaison vers la prise de terre et vers la masse CV.




Les condensateurs de liaisons vers l'antenne.




Fixer le bobinage d'accord

Le bobinage d'accord était décollé. En fait, les 2 bobinages (accord et réaction) sont simplement collé sur le fond de la caisse en bois. Le bobinage d'accord ne tient actuellement qu'avec les fils qui le raccorde sur le commutateur de gamme. Je vais donc recoller le tube en carton sur le fond de la caisse avec de l'araldite.

Avant le collage.




Après le collage. J'ai mis une bonne dose. En même temps, ce n'est pas très accessible à moins de démonter la rampe de résistance chutrice, je préfère éviter compte tenu de la vétusté de ces résistances. Alors je mets le paquet !!!




Ensuite, je mets un gros poids sur le bobinage pour le plaquer sur le fond.




Cordon secteur

Rien de spécial, un simple cordon secteur avec une prise au bout...

Si ce n'est que cette prise sera orientée pour le branchement puisqu'il s'agit d'un poste en 220V continus.

J'ai peint le coté (+) en rouge.










Le négatif sera relié sur la masse des 2 petites condensateurs sur le coté de la caisse. Le positif est relié sur l'entrée de la self à fer.


Essais